Avec son nouvel outil GTI, FAW frappe un grand coup !

Si vous n’êtes pas un musicien très célèbre et qu’on diffuse un de vos morceaux dans une boîte de nuit – ou dans n’importe quel autre endroit qui reverse des droits d’auteurs à une société de droits d’auteurs (comme la Sacem par exemple) pour diffuser un morceau – , il est possible que vous ne touchiez jamais le moindre centime. Les playlists des boîtes de nuit sont très peu contrôlées et le paiement des royalties est souvent géré par des systèmes ad hoc terriblement opaques.

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Rejoignez plutôt Geo Track Identifier (GTI), un nouveau logiciel développé par la société créatrice de logiciels de musique, Future Audio Workshop. GTI est une boîte « compacte, robuste, thermorésistante et bon marché » qui se connecte au branchement audio de l’endroit où vous vous trouvez et analyse en continu (comme des empreintes) des extraits de musique pour trouver des correspondances au sein de la gigantesque base de données de Juno Records, une collection qui comprend à la fois les morceaux sortis uniquement en vinyles et ceux disponibles en version numérique. Les producteurs sont d’ailleurs inviter à soumettre leurs morceaux directement à GTI.

Ce système est actuellement en train d’être testé à Berlin, dans la boîte de nuit du Prince Charles, et les résultats sont déjà très positifs. Dans le labo d’analyses des musiques, Future Music trouve déjà des correspondances dans 90% des cas, ce qui est vraiment pas mal étant donné que le système est capable de reconnaître des morceaux même à une tonalité supérieure ou inférieure, ce que l’on rencontre régulièrement dans les remix. Une fois qu’une correspondance est trouvée et que le morceau est reconnu, l’ « empreinte » est envoyée à une base de données cryptée. « Nous gardons ces informations en lieu sûr et ne les mettons jamais dans le domaine public », peut-on lire sur le site internet de GTI.

Qu’en pensent les sociétés de droits d’auteur ?

Les sociétés de droits d’auteur risquent de ne pas accueillir à bras ouverts un logiciel de musique comme celui-ci. Actuellement, GEMA (l’équivalent allemand de la Sacem) utilise un « algorythme d’extrapolation qui se base essentiellement sur les morceaux les plus achetés sur le marché de la musique et les plus massivement diffusés sur les radios principales» explique Luis-Manuel Garcia de la RA (entreprise du groupe GEMA). La plus grande partie de l’argent est essentiellement redistribuée entre les artistes les plus célèbres de la société et ne prennent pas forcément en compte les diffusions des morceaux dans des événements de plus petite ampleur. GTI, au contraire, établit un lien direct entre les artistes et les salles où sont diffusées leurs musiques.

Reste à voir comment un outil comme GTI pourrait s’incorporer à ce type de système. « Nous sommes en ce moment en négociations avec un certain nombre de sociétés de droit d’auteur,nous confie Alexander Roland de Future Audio, mais malheureusement nous ne pouvons rien vous dire pour l’instant. »

Quelle que soit la réponse finale de ces sociétés, maintenant que la petite boîte se diffuse au-delà de sa zone de test initiale dans la boîte de nuit du Prince Charles, il se pourrait qu’elles n’aient un jour plus le choix et doivent reconnaître ce système de comparaison d’empreintes musicales – et payer pour l’utiliser.

 

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